Covid-19 x Aménagement des espaces : une adaptation progressive | happytal

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14 janvier 2021

Comment personnaliser l’expérience client sans chambouler le service  ? 

Hier, vous avez vu comment Fany Cérèse et Florence Mathieu aident les structures à repenser l’aménagement de leurs espaces partagés. Cette démarche répond à une aspiration profonde des résidents d’avoir plus d’autonomie, de choix, de personnalisation. C’est ce que les professionnels appellent « le sentiment de chez soi » dont nous avons parlé avant-hier. 

Ces différenciations, vous ne pouvez les offrir aux familles qu’au prix d’un ajustement des plannings, déjà fort contraints. Ils impliquent aussi des changements d’organisation que vous ne pouvez pas mettre en œuvre sans concertation. Et, bien sûr, on n’a pas encore évoqué les impacts du coronavirus. Les gestes barrière et le confinement ont ajouté de nouvelles complications au quotidien de votre équipe. 

Comment transformer le pépin en pépite ? Comment profiter de la covid 19 pour inventer une organisation qui réponde aux aspirations des résidents et soulage le personnel ? 

Didier Salon : « Posons la question de la vie sociale en premier »

Il semble très probable que l’après Covid ne soit qu’un avant d’autre chose ! 

À court terme, d’autres épidémies, d’autres canicules. Et à moyen terme un défi démographique, climatique, énergétique et celui de la préservation de la vie, toutes les vies. On va devoir se pencher sérieusement sur le bâti, notamment existant, car majoritaire, et cela de façon massive sans quoi cela sera de peu d’effet sur les problèmes réels et onéreux.

On va devoir associer santé, environnement, confort, risque sanitaire, vie sociale et ressources optimisées dans des immeubles qui n’ont pas été conçus pour cela. En 2021, la réglementation thermique RE2020 va s’appliquer, posant les exigences de bâtiments quasiment passifs. Autant dire que cette nouvelle marche depuis celle de la RT2012 est très haute pour tout le secteur.

Entre invivables ou trop chers, nous devrons inventer les constructions adéquates, avec les espaces adaptés à notre humanité.

Je suggère donc que l’on pose la question de la vie sociale en premier et qu’on y accorde des solutions techniques, pas l’inverse. Ce serait la bonne occasion et le moment pour réfléchir au modèle Ehpad et à son avenir, pas seulement répondre au risque affectant le concept actuel. C’est d’abord un enjeu de méthode avant celui des techniques. Regardons autrement pour voir autre chose.

Adapter plutôt que créer

Par exemple, dans le cas d’un espace visiteur sécurisé, le projet pourrait consister à mutualiser un lieu déjà là, tel qu’un salon, un séjour ou une partie de salle à manger. Ce serait intéressant de pouvoir profiter des endroits « habités » et pratiqués en temps « normal ». La solution : rendre ce lieu accessible avec les contraintes du soin, de la restauration, d’accès à des espaces extérieurs, dans un contexte de confinement éventuel. Ce sera plus simple, plus pertinent et moins coûteux que de vouloir soit « isoler » tout le monde dans sa chambre faute d’alternative, soit créer de nouveaux lieux spécifiques aussi onéreux qu’anxiogènes, ou encore apporter des espaces en kit à la demande ce qui nécessitera une logistique a priori peu opérationnelle en temps de crise. 

Modifier l’organisation spatiale existante, en recherchant la polyvalence et la mutualisation, en composant et en utilisant des espaces connus et reconnus de tous, en adaptant les circuits, etc.

L’EHPAD de demain ? 

On devrait imaginer une sorte « d’usages augmentés » des espaces existants ou futurs. Ce serait une bonne façon de poursuivre et de préfigurer l’ouverture réelle des établissements à d’autres services, d’autres pratiques, d’autres publics, d’autres besoins, plus connectés avec l’urbanité et l’environnement territorial. 

Si l’économie de la vie et de la santé se développe, pourquoi les Ehpad n’évolueraient-ils pas en ressource ouverte au local, ancrée au territoire ? Médecine préventive ou palliative pourraient y trouver une place. Bâtissons un « modèle augmenté » de l’Ehpad plutôt qu’un empilage de modèles dont l’humain qui n’est pas un modèle incarne finalement le seul véritable ciment, comme la crise l’a démontré.

Fany Cérèse : « un changement possible »

Ce qui a changé

Pendant le confinement, nous avons pu assister à une désertification des grands espaces partagés. Cela devrait nous interroger sur les limites du modèle standard : un grand hall, une salle polyvalente capable d’accueillir l’ensemble des résidents et de petites chambres réduites au strict minimum. Les établissements qui disposent d’endroits communs dans les étages ont pu maintenir une vie collective, un confinement en petit groupe moins délétère que le confinement isolé en chambre. 

De nombreuses structures ont utilisé le couloir comme espace collectif, installant chaque résident au seuil de sa porte pour des temps partagés avec leurs voisins. Cette notion de seuil — souvent absente de nos établissements mais très développées dans les maisons de retraite néerlandaises — mériterait un approfondissement. L’usage du couloir, du palier comme espaces de rencontre, très fréquent dans les copropriétés, nécessite une libération complète de ces zones de tous les chariots (linge, ménage, etc.) et aides techniques (fauteuil roulant, lève-personnes, matelas anti-escarres, etc.) qui encombrent les couloirs des chambres et leur confère le statut de lieu de travail des professionnels et non d’espace de vie des résidents.

Par ailleurs, la question de l’accueil des familles et du respect des gestes barrière avec l’apparition de « parloirs » n’a pas été sans violence tant cela rappelait l’univers carcéral, ce qui est venu renforcer l’image négative des établissements. Nous pouvons imaginer d’autres solutions.

Ce qui peut changer

À l’heure du déconfinement, je pense que les adaptations sont les mêmes que pour tous les espaces publics (restaurants, bars, commerces, etc.). Comme aménager les extérieurs en y apportant tout le confort nécessaire pour que la vie puisse s’y dérouler le plus possible (protection de l’ensoleillement et du vent, ameublement, confort thermique, facilité d’accès, éclairage, etc.). Ces espaces sont souvent délaissés tant dans leur conception que dans leur agencement au motif que les résidents ne sortent jamais et qu’ils n’en ont pas la capacité. Nous avons pu constater à l’inverse qu’une fois qu’ils sont adaptés et agréables, les résidents les utilisent. Ces endroits représentent une véritable ressource dans un contexte sanitaire dégradé.

Concernant l’aménagement des intérieurs, la crise nous invite à revoir nos ambitions d’espaces regroupant de nombreuses personnes au profit de petits coins qui permettent à un petit nombre de se retrouver. En diversifiant les coins et les pièces, voire même les temps (de rencontre, d’activité), de nombreux établissements ont constaté des effets bénéfiques sur les résidents. Amélioration de la prise alimentaire lors des repas pris en petit groupe à part dans une salle, au calme. Amélioration de la connaissance des résidents par une affectation des professionnels sur un espace fixe délimité. Augmentation du nombre d’accompagnements à l’extérieur avec tous les effets bénéfiques que l’on connaît.

Pour conclure, j’ai le sentiment que cette période de crise a permis de mettre en lumière tant les limites que les ressources des établissements. Ils ont su, en quelques jours réinventer leurs pratiques, repenser leur accompagnement, preuve qu’un changement est possible.

Simplifiez le quotidien de votre équipe en donnant plus d’autonomie à vos résidents

Et si nous vous aidions à apporter  cette personnalisation que réclament les proches et les résidents ? 

Imaginez que la gestion des petits à côtés, comme l’achat d’extras à la supérette du coin, le recours à un coiffeur ou une dame de compagnie ou la gestion des livraisons soient prises en charge par une plateforme tierce.

Imaginez que vous puissiez disposer d’une supervision sur toute cette activité, sans que votre personnel s’y implique plus que de raison. 

Imaginez répondre aux besoins de confort de vos résidents, sans contraindre votre personnel sur des activités qui ne sont pas de son ressort, et qui empiètent sur les plannings. 

Pensez-vous que cela contribuerait à renforcer le sentiment de chez soi ? 

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