Identifiez vos bed-blockers dès leur entrée dans votre établissement !

ARTICLE
28 décembre 2021
Le parcours des patients, associant situation sociale complexe et lourdeur de prise en charge, fait souvent l'objet de blocage au moment de leur sortie. Comment éviter la mobilisation de lits pendant plusieurs mois et les coûts qui en découlent ?

Patients bed-blockers : causes et profils des patients

Comme la plupart des établissements hospitaliers, il y a fort à parier que vous constatez régulièrement la durée de séjour de certains patients prolongée, bien que la présence de ces derniers ne soit plus justifiée par des raisons médicales. Officiellement appelée « retard de sortie », cette période peut représenter jusqu’à 50% de la durée totale du séjour, soit généralement entre 3 et 15 jours en moyenne. On qualifie ces patients de patients bed-blockers. 

Les caractéristiques principales de ces patients étant un âge avancé, un haut niveau de dépendance et l’existence de troubles cognitifs et fonctionnels, il n’est pas étonnant de constater que le motif principal de retard de sortie est l’attente d’une place en institution (EHPAD, foyer de logement) ou d’aides à domicile.

On observe également d’autres raisons, soit d’ordre sociales, soit d’ordre organisationnelles : les problèmes familiaux (pression familiale ou du patient, répit de l’aidant…), l’attente d’examens complémentaires ou d’avis spécialisés, de déblocage des dossiers administratifs (attente de tutelle, réponse de la Maison Départementale des Personnes, déblocage d’aides financières…). Cela peut également relever de la gestion intrinsèque du service hospitalier.

De manière générale, le manque d’infrastructures extrahospitalières pouvant accueillir des patients après une hospitalisation, de manière transitoire ou définitive, a un impact sur le taux d’occupation des lits, et donc sur les coûts des hôpitaux.

Patients bed-blockers : impact

A l’heure de l’optimisation des soins, la problématique des patients bed-blockers, 3% et 50% du nombre total de patients, est un réel enjeu, surtout lorsqu’on estime le coût d’occupation d’un lit, hors soins, à environ 700 euros par jour. 

Des études montrent la difficulté à identifier précocement les patients à risque, pour mettre en place les mesures adaptées, dont la prise en charge sociale et l’accueil post hospitalier. 

Les identifier est pourtant primordial, dans notre société occidentale où l’augmentation de la population des seniors, à forte consommation de soins hospitaliers, se confronte à des économies de santé majeures et responsables de fermetures de lits. 

Outre l’aspect économique, l’encombrement des lits génère des problèmes dans l’ensemble du système de soins de santé, qu’il s’agisse de l’allongement des temps d’attente dans les services d’urgences ou de la détérioration de la santé des patients, due à l’accélération du déclin fonctionnel, à l’isolement social et à la perte d’indépendance.

Fluidifier les parcours pour diminuer le nombre de patients bed blockers

Le manque d’informations exactes en temps réel sur l’occupation effective et prévisionnelle à l’hôpital est la première cause de difficulté d’accueil des patients arrivés par les urgences. 

Il est possible d’agir sur le taux d’occupation effectif. Par exemple, on observe depuis plusieurs années l’émergence de Bed Managers (gestionnaire de lits) dont le rôle est de répondre au manque de lits, en lissant les flux d’entrée et de sortie des patients dans les différents services : mieux dispatcher les malades, éviter l’encombrement et mieux planifier les hospitalisations. Concrètement, le gestionnaire de lits est là pour identifier les lits disponibles à l’hôpital, de manière immédiate et constante, afin d’y orienter les patients des urgences. Ainsi, un patient pris en charge pour une certaine pathologie peut être « hébergé » dans un service différent de sa prise en charge initiale, si un lit vide s’y trouve.  

Quant au taux d’occupation prévisionnel, il peut être prédit grâce à des solutions simples et efficaces. Si les services d’urgences sont de grands consommateurs de lits, leur demande est connue et donc panifiable. Pour tous les autres services, offrir la possibilité aux patients d’effectuer leur préadmission en ligne permettra d’obtenir un taux d’occupation des lits prévisionnels et le profil des patients en hospitalisation programmée. 

Les équipes d’happytal travaillent d’ailleurs actuellement, main dans la main, avec un établissement de santé partenaire, dans le but de créer un « questionnaire social » qui permettra d’identifier les futurs patients bed blockers en amont de leur hospitalisation. Ce dernier serait rempli au moment de la préadmission, afin de transmettre les bonnes informations aux personnes compétentes (assistantes sociales, familles, etc.). Les éventuels problèmes définis (pathologie, environnement familiale, difficultés d’auto prise en charge …), il sera plus aisé de préparer la sortie du patient de manière proactive, qu’il s’agisse d’un retour à domicile avec les éventuels services à mettre en place, ou le placement dans un établissement spécialisé.

Reste encore à créer un lien durable et efficace entre les services médicaux et les services sociaux, avec une prise en charge précoce et globale du patient et de sa famille, afin d’assurer la continuité de son parcours.

La création de soins de rééducation post-réanimation (SRPR), la constitution d’équipes mobiles SSR (Soins de Suite et de Réadaptation), aux côtés des coordinations, pour faciliter le retour du patient à domicile, la création de maisons d’accueil spécialisées (MAS) pour accueillir notamment les patients à addictions sont autant de pistes permettant d’assurer la continuité du parcours de ces patients et ayant déjà fait leurs preuves après un travail d’acculturation entre les équipes.     

Consultez nos articles de la catégorie Médico-social

Lorem ipsum dolor sit amet. Non perspiciatis repudiandae et itaque voluptates non exercitationem error. Quo tempora voluptate nam vitae cupiditate nam quas pariatur.